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La recherche à l’honneur avec l’inauguration de l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP)

Jeudi 29 novembre a été inauguré l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP), unité de recherche de l’INSERM en collaboration avec l’hôpital Sainte-Anne, siège du futur GHU Paris psychiatrie & neurosciences. Pour mémoire, Sainte-Anne accueille l’unité et collabore avec ses chercheurs depuis plusieurs années déjà; avec le nouveau bâtiment implanté, le site a pu tripler la capacité des lieux et le nombre de professionnels hébergés et y installer son centre de recherche clinique et un lieu de congrès.

Pour l’occasion, de nombreuses autorités étaient présentes : Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Faten Hidri, vice-présidente de la région Ile-de-France, Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la maire de Paris, chargée de l’enseignement supérieur, de la vie étudiante et de la recherche.

Les responsables scientifiques et académiques Frédéric Dardel, président de l’Université Paris Descartes et Claire Giry, chargée par intérim des fonctions de présidente directrice générale de l’Inserm ont également fait le déplacement pour les accueillir aux côtés de Thierry Galli, directeur de l’IPNP et de Jean-Luc Chassaniol, directeur du Centre Hospitalier Sainte-Anne et du GHT Paris, qui abrite l’institut.

Une grande assemblée de chercheurs, étudiants, professionnels de santé, associations d’usagers participaient à l’événement organisé autour de visites, ateliers expérimentaux et conférences dynamiques.

Sainte-Anne, écosystème du soin et de la recherche favorisant la symbiose psychiatrie et neurosciences

Sous la direction de Thierry Galli depuis septembre 2015, l’IPNP est formé de 10 équipes de recherche seniors (plus 2 équipes juniors installées, et 4 autres à recruter dans le futur) visant à une compréhension mécanistique des processus biologiques dans le cerveau sain et dans les maladies neurologiques et psychiatriques. Les équipes s’impliquent dans les domaines scientifiques suivants: neuro-développement et psychiatrie, mémoire, comportement et émotions, système neuro-vasculaire et mécanismes moléculaires et cellulaires dans le vieillissement du cerveau. Pour résumer, « une approche d’excellence sur le cerveau » selon les termes de Frédérique Dardel.

Véritable acteur dans la recherche, l’IPNP dispose d’une animalerie pour rongeurs et poissons-zèbres, une plateforme d’analyse du comportement du rongeur dédiée à l’analyse fine des capacités cognitives d’interactions sociales, le comportement alimentaire notamment, d’une plateforme de microscopie qui permet l’observation dans le cerveau de structures et mécanismes insoupçonnés et une plateforme d’électrophysiologie et imagerie ultrasonore qui permet d’appréhender le fonctionnement du cerveau vivant et sa réponse à des stimulations dans des situations normales ou pathologies correspondant à des abus de drogues, d’accidents vasculaires cérébraux, une approche entrant en résonance avec l’imagerie cérébrale par IRM chez le sujet sain et le patient.

Des objectifs ambitieux ont été fixés pour les années à venir afin de mieux comprendre :

  • Comment, au cours du développement embryonnaire et de l’adolescente, le cerveau se développe et se remodèle pendant les apprentissages? Quel dysfonctionnement pourrait conduire à des pathologies psychiatriques en fonction du patrimoine génétique et de l’environnement?
  • Comment le sang irrigue le cerveau en fonction des stimulations sensorielles? Quelles sont les anomalies de cette circulation dans les maladies génétiques ou les accidents vasculaires?
  • Comment fonctionnement nos neurones à l’échelle élémentaire? Comment poussent des extensions de plusieurs mètres, comment leurs récepteurs de surface décodent-ils les signaux comment interagissent-ils avec les oligodendrocytes de la myéline? Que se passe-t-il dans la sclérose en plaque et au cours du vieillissement? Comment nos neurones accumulent-ils des éléments toxiques pouvant conduire à des maladies neurodégénératives dont les signes précoces sont souvent de nature psychiatrique?

Des espaces intégrant un centre de recherche clinique et un lieu de congrès

Les locaux de l’IPNP jouxtent le centre de recherche clinique (CRC) du GHT Paris dédié à la recherche en santé mentale et neurosciences. Doté d’un plateau technique complet, il permet des explorations en TMS neuronaviguée, des stimulations TDCS, des explorations en oculomotricité et comprend une salle d’exploration comportementale et réalité virtuelle. Le CRC travaille à la recherche de marqueurs moteurs des maladies psychiatriques comme la schizophrénie; de facteurs prédictifs de récupération post AVC, ou encore de facteurs prédisposant génétiques et épigénétiques aux troubles psychotiques.

L’inauguration de l’IPNP s’est tenue dans le nouvel amphithéâtre modernisé du site Cabanis du GHT Paris qui comprend 210 places.

A travers la collaboration avec l’IPNP, Jean-Luc Chassaniol a salué l’ambition que se fixe le GHU Paris, à savoir « faire vivre ensemble humanisme et technicité« , au sein d’un groupe qui allie les savoirs cliniques et scientifiques dans toutes les pathologies liées au cerveau et à la santé mentale, une singularité saluée par tous les officiels présents. Notamment Agnès Buzyn pour qui cela marque « le renouveau que nous voulons engager pour mieux comprendre, prévenir et soigner les maladies du système nerveux« .