Bannière du GHT Paris

Journée mondiale de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) – Rencontre avec le Pr Jean-Louis Mas

A l’occasion de la journée mondiale de l’AVC, nous interrogeons le docteur Jean-Louis Mas, Professeur de Neurologie à l’Université Paris Descartes, chef du service de Neurologie de l’hôpital Sainte-Anne, chef de l’équipe de recherche Inserm 894 sur les AVC et Président de la Fondation pour la Recherche sur les AVC.

En France, un AVC survient toutes les 4 minutes. 1/3 des français y est confronté (soit personnellement, soit par l’intermédiaire d’un proche) et chaque année près de 140 000 personnes sont touchées (dont 75 % sont des premiers AVC). Première cause de mortalité chez les femmes, l’accident vasculaire cérébral peut atteindre les personnes à tout âge. 1 personne sur 6 sera concernée par cette maladie au cours de sa vie.
Nous sommes tous concernés !

On distingue deux grandes variétés d’AVC. L’infarctus cérébral est la variété la plus fréquente (85%) ; il est dû à l’occlusion d’une artère cérébrale par un caillot sanguin, lui-même conséquence de diverses maladies artérielles ou cardiaques. L’autre variété est l’hémorragie cérébrale, conséquence de la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.

AVC : Comment prévenir ?

 

La lutte contre les AVC passe d’abord par la prévention, qui repose essentiellement sur le dépistage et le traitement ou l’éviction des facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, le diabète, la fibrillation auriculaire (troubles du rythme cardiaque), un taux élevé de cholestérol, le tabagisme, l’excès d’alcool, une alimentation trop riche en certaines graisses, en sucres et en sel, la sédentarité, le surpoids et l’obésité.

Quelques conseils pour prévenir d’un AVC :

  • Faites vérifier votre pression artérielle : si elle est au-dessus de 14/9, parlez-en à votre médecin
  • Signalez à votre médecin toute anomalie concernant le rythme de votre cœur, par exemple des palpitations
  • Contrôlez votre taux de cholestérol et glucose dans le sang
  • Ne fumez pas
  • Ne consommez d’alcool qu’avec modération, c’est-à-dire, ne pas dépasser 10 verres standard par semaine et 2 verres standard par jour (1 verre standard = 10 cl de vin) et ayez des jours sans consommation
  • Pratiquez régulièrement une activité physique
  • Adoptez une alimentation riche en fruits et légumes, poissons, viandes blanches et volailles. Limitez la consommation de viande rouge, de charcuterie, de boissons sucrées. Contrôlez votre consommation de sel.

 

QUELS SONT LES SIGNES ET QUE FAIRE EN CAS D’ACCIDENT ?

Les principaux signes devant faire suspecter un AVC sont une faiblesse ou une paralysie, un engourdissement d’un ou plusieurs membre du corps ou du visage, souvent d’un seul côté, des difficultés à s’exprimer ou à comprendre, des troubles visuels d’un œil ou d’un côté du champ visuel, des troubles de l ‘équilibre ou un mal de tête extrêmement violent.
La caractéristique commune de ces symptômes est leur survenue soudaine (d’où le terme d’attaque cérébrale). Parfois, les symptômes disparaissent spontanément en quelques minutes, ce qui ne doit en aucun cas rassurer, car ces accidents dits ischémiques transitoires (AIT) peuvent être suivis dans des délais très brefs d’un infarctus cérébral.

 

L’élément le plus important dans la prise en charge des AVC est le temps. Certains traitements très efficaces comme la thrombolyse ou la thrombectomie ne sont possibles que s’ils sont réalisés dans les premières heures suivant l’accident.

Le bon réflexe est d’appeler le 15. Ce sont les médecins du SAMU qui évalueront l’urgence par téléphone et qui organiseront si besoin la prise en charge en dirigeant vers l’Unité Neuro Vasculaire la plus proche (140 structures en France).

LE POINT SUR LA RECHERCHE

A Neuro Sainte-Anne, notre équipe de recherche Inserm a pour objectif d’identifier, au moyen d’études observationnelles ou d’essais thérapeutiques randomisés, les meilleures stratégies en fonction des caractéristiques des patients et de la cause de l’infarctus cérébral. Nous investiguons autant les traitements de revascularisation (thrombolyse, thrombectomie), lors de la phase aiguë de l’infarctus cérébral, que la prévention des récidives.